28 octobre 2006
Haine
Réveilles-toi, haine, et pleurs ton sang quand tu cris mon nom.
29 octobre 2006
Ange noir : Première partie (la fille)
Comme un ami, toi, ange invisible aux ailes noires, tu me protège, me guide, me réconforte. Tu es là dans mes instants de doute, de peur et de détresse. Dans le malheur comme dans la joie, je sais ta main posée sur mon épaule, pour me réconforter, pour partager, un instant, une seconde, un moment de bonheur. Je te sais près de moi, je te sais proche de moi. Mais pourrais-je un jour te voir ? Toi qui dans l’ombre enveloppe mon âme de tes ailes protectrices…
Par Sedenta
Ange noir : deuxième partie (l'ange)
Dans les cieux, j’étais ange pur aux ailes blanches. Obéissant et fidèle, j’étais un être unique. Mais la volonté de Dieu ne fut pas la mienne. Au côté de Lucifer, prince du ciel, je me rebellais et fut déchu, condamné à être exilé du paradis. Mais ma course se stoppa sur terre, alors que mes camarades furent précipités dans les enfers. Les humains ne pouvaient me voir, m’entendre, me toucher. Et moi je les voyaient, durant des millénaires, je contemplais leur vie, leur évolution, je les entendaient, leurs propos dégradants, leurs paroles poétiques. Mes ailes perdirent leur couleur à mesure que s’obscurcissait mon cœur. J’étais seul, condamné à le rester pour l’éternité, sans plus jamais pouvoir parler, sans plus jamais pouvoir toucher. Mais un jour je te rencontrais. Toi, enfant seule au bord de cette falaise, devant ce soleil aux couleurs flamboyantes, magnifique comme j’en avait rarement vu, tu pleurais, debout, prête à te jeter dans le vide, à mettre fin à ta vie. « Pauvre inconsciente » dis-je. « Ne sais-tu donc pas que le paradis te sera refusé ainsi ? »
Par Sedenta
Ange noir : troisième partie (l'ange)
Mais à quoi bon parler puisque, étant humaine, tu ne pouvais m’entendre et pourtant, tu a tourné la tête vers moi et séché tes pleurs. Certainement as-tu cru que cela venait de ton imagination quand tu posa de nouveau ton regard sur ce soleil qui s’effaçait devant toi. Alors je m’approchais et posais ma main sur ton épaule. Tu n’as plus bouger pendant un instant qui me parut éternité, bien que je sache ce que cela était. Lentement, ta main est venue se poser sur la mienne, la traversant. Même si elles ne se sont pas touchées, j’ai sentis la chaleur de ta peau, et cela fit naître chez moi un frisson qui me parcourut le corps. Tu étais à l’aube de la vie, une fillette tout juste, une âme, un cœur d’enfant, est-ce pour cela que tu sentis ma présence ce soir là ?
Par Sedenta
Ange noir : quatrième partie (l'ange)
Depuis, je ne t’ai plus jamais quitté, m’efforcent de te protéger. Je t’ais vu grandire, t’épanouire. J’étais là pour tes premières fois. Premier jour de collège, de lycée, première sortie en soirée, première rencontre avec un garçon. Tu es toujours pour moi la petite fille que j’ai rencontré il y à dix ans. Souvent, tu me parlais, te confiais, avouais. Ainsi je sus tes plus secrètes pensées, tes plus profonds sentiments, tes idées, tes envie, tes rêves. Tu voulais me voir, pouvoir me parler, pouvoir me toucher, moi qui, toute ta vie durant, t’avais accompagné. Et je crois que ce fut parce que ton désire fut si ardent que ce soir là, la pleine lune me dévoila à tes yeux, alors que tu connaissais ta première expérience douloureuse de l’amour, ce coup de poignard dans le cœur quand l’être aimé s’en va loin de vous.
Pat Sedenta
Ange noir : cinquième partie (l'ange)
Ce soir là, la lune était voilée par de fins nuages et tu pleurais, encore, et cela me mettais hors de moi. Comme à chaque fois j’ai posé ma main sur ton épaule à l’instant où les nuages libérèrent la lune de leur emprise. Les rayons vinrent caresser ton doux visage et se posèrent sur ma main qui enfin t’apparut. Je me tenait debout derrière toi quand tu réalisa. Comme au jour de notre rencontre, ta main vint se poser sur la mienne et cette fois-ci, elles se frôlèrent, se touchèrent, s’enlacèrent. Lentement tu te leva, les yeux inondés de larmes que la lune faisaient briller, me regardant longuement, ta main libre venant effleurer mon visage puis le caresser. Tes mains étaient une brise chaude d’été qui m’enivrait.
Par Sedenta
Ange noir : Sixième partie (la fille)
Par Sedenta
Tu étais vraiment un ange. Grand, beau, un corps de statue ancienne, tout simplement divin. Enfin je te voyais, toi, mon ange gardien, que j’espérais, que j’attendais. Mon ange gardien aux ailes ténébreuses. Dieu trouva le meilleur moment pour te faire apparaître à moi qui, une fois de plus, avais perdu tout espoir. Tu sécha mes larmes, ton visage était si doux, ton sourire si beau, ton regard si divin. Maintenant je comprenais, la raison pour laquelle je t’avais si ardemment désiré, je devais bien me l’avouer à cet instant, face à toi, la vérité, j’étais, je ne sais comment, tombée amoureuse de toi. Je ne t’avais jamais vu, jamais parlé et pourtant, je t’avais imaginé tel que tu étais. « Enfin !» me dis-tu. « Tu n’as pas changé » Ta voix était suave mais tes paroles ô combien douloureuses car elles furent pour moi un nouveau coup de poignard. Tu ne me considérais donc que comme une enfant, toujours une enfant, cette enfant que j’avais cessé d’être il y a bien longtemps. Mais pourquoi ? Pourquoi ne me voyais-tu pas comme j’étais réellement. Je n’étais pas encore femme mais je n’étais plus enfant. Dix-huit ans était le bel âge, celui où tout se réalise, alors pourquoi ? Pourquoi brisais-tu tout mon univers ? Je n’était plus une enfant…je n’étais plus cette enfant.
30 octobre 2006
Ange noir : Septième partie (l'ange)
Ton regard changea. Il semblait que tu étais contrariée par mes paroles. Mais pourquoi ? Tes larmes recommencèrent a couler, je ne savais plus que faire. Ta main relâcha son emprise sur la mienne, mais qu’avais-tu ? « Alors tu me vois comme une enfant ? » me demandas-tu. Je t’avais vu grandir au long de ces dix années. Mais que représentait dix ans pour moi qui naquit avec le monde ? J’approuvais doucement, d’un faible signe de tête, me demandant où tu voulais en venir. « Je ne suis plus…une enfant » me dis-tu. « Regardes-moi » crias-tu cette fois en ouvrant le haut de ta chemise, dévoilant une partie de ta poitrine, posant ta main sur ton cœur. « Regardes-moi. Je ne suis plus une enfant. Je ne suis plus l’enfant que tu as sauvé. J’ai grandis. Je n’ai rien à faire de ton amour fraternel. Regardes-moi comme une femme et non comme une enfant. Donnes-moi l’amour d’un homme. J’ai besoin de ton amour. » Me pardonneras-tu un jour, de n’avoir pas compris plus tôt ce que tu ressentais ? J’étais misérable, pitoyable. Certainement était-ce pour cela que je fut déchu. Ma main posée sur ton visage, je t’attirais vers moi, m’emparant de tes lèvres comme un homme désespéré de ne pouvoir en goûter le nectar. Je ne savais pas si je devais être doux où fougueux mais se fut la violence de mon désir qui en décida, et il était loin d’être aussi sage que moi. Mes ailes t’enveloppèrent, lentement, te guidèrent, lentement, te caressèrent, toi, ton corps nu léchait par les rayons de la lune. Nos respirations coordonnées donnèrent naissance à une excitation grandissante mélangeant cambrure, volupté, jambes entrelacées, va et viens de deux corps, corps à corps. Ta langue brûlante, ta voix haletante, ton corps excité, ta bouche fiévreuse…notre étreinte ravageuse dura toute la nuit.
Par Sedenta
Ange noir : Ultime partie (l'ange)
Au matin j’étais toujours là, tenant ton corps nu contre le mien, je te regardais dormir profondément. Mes ailes avaient disparut, comme tranchées par l’épée de Gabriel dans la nuit, obscure comme elles. Dieu par ce geste, fit de moi un simple humain, que la mort attendait au bout du chemin. Peu m’importais à présent car je n’avait plus à souffrir de la solitude, à errer comme un damné entre ciel et enfer. Ni ange ni démon, voici que l’on m’offrait une nouvelle chance de recommencer, dans tes bras, à tes côtés. J’avais fait pénitence, et j’étais à présent comme une âme mortelle accédant au rang d’ange… Mon purgatoire avait été la solitude.
Par Sedenta
28 novembre 2006
Prisonnière
Ne rien savoir, ne rien voir, juste ce qu'on nous montre, sans chercher plus loin. Rester enchaîné, cloîtré, sans chercher à comprendre ce qui nous entours. Se fermer sur soi, se conforter dans les lois, suivre la marche nous donne l'impression de ne pas être seul. S'intégrer dans un groupe, s'identifier à d'autres, ressembler à la normal est une prison dorée.
Faites ce que vous voulez, mais, à la veille de votre mort, ne pleurez pas la vie, la vie que vous avez fui.



