09 novembre 2006
Le Château en pleur...
Le château pleurait, en haut de sa prison de roche, prisonnier, enraciné, il criait en silence, condamné à ne jamais être entendu. Mais il criait encore et encore, sans cesse, sans relâche. Et le temps passa.
Aujourd'hui ce château crie encore. Mais aujourd'hui des personnes l'ont entendu et ont séché ses larmes, l'écoutant patiemment. Il nous raconta alors ce qu'il vit, du haut de sa colline, du haut de ses 800 ans.
A présent laissez-moi vous raconter son vécu, au travers de ses récits...
Petite fleur...
Son premier récit fut l'histoire d'un jeune garçon appelé Galaad.
Il nous raconta que ce dernier, âgé alors de dix ans à peine, parcourut deux cents kilomètres pour ramener une fleur à sa soeur malade. Mais cette fleur n'était pas ordinaire : c'était une rose, disait-on, qui reflétait les rayons de la lune et diffusait en permanence une lumière douce et argentée.
Galaad descendit jusqu'au pays des milles collines afin d'y cueillir cette fleur qui, il l'espérait, rendrait la santé à sa soeur. On raconte qu'il la trouva alors qu'il était lui même entre la vie et la mort, et qu'il la ramena à sa soeur.
Tout bon conteur aurait terminé cette histoire par "Il lui ramena la fleur enchantée et la jeune fille retrouva la santé". Mais la réalité est toute autre car il déposa la rose au creux des mains gelées de sa soeur que l'on s'apprêtait à mettre en terre.
15 novembre 2006
Une fois...
- Savez-vous ce que j'ai vu une fois ? Nous demanda le château.
- Non, fut notre réponse.
- Une fois, vous me croirez ou non, figurez-vous que j'ai vu passer un elfe. Un petit être à la peau verdâtre, guère plus gros qu'une souris. Je l'ai vu passer sous mon nez en chantonnant un air entraînant. Il virevoltait dans tous les sens, faisant battre ses petites ailes coloraient comme celles des libellules. Il est passé à côté de moi en souriant. Il tenait dans ses mains un sachet, certainement remplit de poudre d'elfe.
Les humains ne croient pas à l'existence de ces êtres et pourtant, moi je vous le dit, ils existent. Se cacher aux yeux des Hommes est tout à fait naturel, quand on voit ce qu'ils font, même à leurs semblables. J'ai vu tellement de choses mes enfants, tellement d'horreurs nées de la main de l'Homme.
- Que des horreurs ? Demandais-je, moi, le guerrier.
- Non mon enfant, heureusement non...
02 décembre 2006
Guerre...sang...sourire
Et le château se mit à pleurer.
Et Saru l'alchimiste lui demanda ce qui causait son chagrin. Le château nous raconta alors une vieille histoire.
"Un jour de printemps, un jour ensoleillé au ciel plus bleu que les yeux d'un nouveau né, un jour où les nymphes dansaient nues sur les rivages du fleuve sacré, en ce jour si beau éclata l'une des guerres les plus sanglantes que je n'ai jamais vu. Les deux armées avancèrent au pas de course l'une sur l'autre, soulevant un épais nuage de poussière, et se percutèrent dans un vacarme à faire trembler les enfers. Les épées s'entrechoquèrent, les têtes tombaient, le sang coulé sur la terre souillée. J'ai vu ces hommes s'entre-tuer à mes pieds et j'ai entendu les cris monter jusqu'à mes oreilles.
Et quand tout fut terminé, seul le silence régnait. La mort avait emporté tous les hommes étendus sur le sol. Seul un chanceux avait survécu. Je le vis, étendu sur l'herbe teintée de rouge. Il enleva le cadavre d'un homme qui l'empêchait de se relever. Et là je vis, comme je vous vois vous, je vis un sourire se dessiner sur ses lèvres. Je me suis demandé à cet instant comment un homme peut sourire après une telle hécatombe. En fait, cet homme souriait juste à la vie."
04 mars 2007
Innocence
"Comment vous décrire son visage " Songea le château.
Nous pouvions sentir dans sa voix tristesse et nostalgie, joie et regret.
"Parles " Le priais-je, humble guerrier que j'étais.
Je n'avais jamais entendu tant d'émotion dans la voix d'un Homme, tant de passion. Ce château, par ses expériences, nous apprendrais beaucoup sur ce vaste monde que nous ne connaissions que trop peu.
"Ma princesse était simplement sublime." Reprit notre ami. "Des traits fins comme dessinés de la main du divin. Un sourire plus doux qu'une fleur éclosant au matin. Des yeux dont la vitalité aurait fait pâlir le feu et dont la fougue aurait stopper un cheval sauvage. Un rire cristalin que les anges lui enviaient. Des cheveux longs d'une couleur dorée lui tombant en cascade sur les épaules, des cheveux fluides comme une rivière d'argent. Elle était l'innocence incarnée. Sa gentillesse n'avait d'égale que sa beauté. Elle était en tout point l'opposé de son père. Notre souverain d'alors était un tyran craint de tous. Il avait installé sur nos terres crainte et soumission. Les braves gens n'osaient se rebeller de peur de voir leur famille assassinées. C'est en ces temps de terreur que se leva son enfant pour qu'enfin prenne fin tant d'horreur. Ne croyez pas qu'elle ait fait tout ceci sans raison, non. Et cette raison se présenta à elle, un jour pluvieux d'automne, sous les traits d'un guerrier au blason d'émeraude..."
27 avril 2007
Le chevalier...
"Continus" Pria Saru l'alchimiste.
"Ne soyez pas impatient mes enfant." Nous dit le château, après quoi il reprit :"C'était un jour d'automne où la pluie tombait fortement. La princesse devait se rendre au château voisin, chez sa tante, pour l'anniversaire de sa cousine préférée. La garde qui l'accompagnait remarqua, à quelques mètres d'eux, un cheval couché sur le flanc, visiblement mort. A côté, le corps d'un homme gisait dans la boue, un chevalier à l'armure argentée. Sur son torse, incrusté dans l'armure, se trouvait un étrange blason d'émeraude, à l'effigie d'une fleur que les soldats ne reconnurent pas. Lorsqu'ils voulurent examiner le chevalier, celui-ci bougea légèrement. Sur ordre de la princesse, dix soldats de sa garde le secoururent et l'emmenèrent en mon sein. Elle les pria de le soigner et de le cacher aux yeux du roi aussi longtemps que durerait son séjour. Les gardes s'exécutèrent sur le champs. Ah ses bougres ! Ils ne pouvaient désobéir à la princesse.
Le séjour de notre princesse dura quatre jours, quatre jours durant lesquels les soldats prirent soin du chevalier. Ce fut au retour de la princesse que l'histoire se traça."
02 juin 2007
Et son histoire.
"A son retour de voyage, la jeune princesse demanda qu'on la conduise au blessé, ce que firent les gardes. Le jeune homme était réveillé et presque guérit, déjà en armure. Il remercia poliment sa sauveuse et, sans plus de cérémonie, pressa le pas pour s'en aller. C'est alors qu'il tomba nez à nez avec sa majesté la reine. Cette dernière comme toute bonne reine l'invita a rester dans le château encore quelques jours et de partager leurs repas : Il accepta, incapable de refuser à la dame du château.
Ce fut pendant l'un des soupers que le chevalier raconta brièvement son histoire : Il venait d'un pays lointain et ne connaissait pas le moins du monde les terres sur lesquelles il avait mit le pied. Il était à la recherche d'une personne, une jeune femme au médaillon de rubis. Le roi lui assura que nulles femmes dans ses terres ne portaient tel joyaux, même pas la reine.
J'avais sentit que ma princesse avait regardé un instant, surprise, le chevalier qui évoqua ce bijou. Je savais pourquoi, bien sûr, car les murs ont des oreilles, et même de yeux. Je me souvins de ce jour où ma princesse avait reçu d'un vieil homme un médaillon rouge comme les roses."
